Belle-île au rythme du vent

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Il y a des périodes où la vie nous impose de lever le pied sans nous laisser le choix. Pour le coup, j’ai passé un été avec un pied bien levé et en prime des béquilles pour garder l’équilibre. Alors cet été c’était cap vers l’océan, cap vers Belle-île-en-mer.

L’équipage se compose de André et Vincent, capitaine et second de notre embarcation, aidés dans les manœuvres par Anne et moi, les moussaillons. C’est à la force des vents s’engouffrant dans les voiles de notre petit « Sun 2500 » baptisé « Zingaro » que nous avons fait, en trois jours, le tour de cette magnifique île. Mes connaissances étant nulles ou assez sommaires dans le monde marin, cette croisière côtière a été très formatrice. La première étape a été la découverte du vocabulaire technique, j’entends par là, savoir ce que sont la grande voile, le spi et le génois, ou encore la drisse, l’écoute, apprendre à dormir sans trop de gîte… La seconde phase d’apprentissage a été l’orientation et le choix de son itinéraire en tenant compte des dangers sous-marins invisibles si l’on ne sait pas interpréter la signification des bouées en surface. Et enfin, la phase la plus agréable et la plus importante de notre boucle a été la phase de zénitude, de rêverie… au gré des courants et vents. Observation des oiseaux, surprise de la venue de dauphins au loin, points de vue contemplatifs des côtes bretonnes…

Vivre sur l’eau, c’est vivre à un rythme tranquille, le rythme parfait pour des vacances. Le temps s’arrête presque. On se sent privilégié de pouvoir quitter l’agitation des terres. Les jours s’écoulent lentement et sereinement. On se réveille avec le soleil, on se couche avec lui. Vivre en bateau au rythme de la nature et de ses éléments c’est un plaisir ressourçant, un pur bonheur et une belle découverte, merci André, Anne et Vincent!

Détail de notre itinéraire :
J1 : Départ du port de La Trinité-sur-Mer –> Nuit au port de Sauzon
Info : Balade dans Sauzon, découverte du phare des Poulains grâce aux navettes de bus…
J2 : Port de Sauzon –> Mouillage dans la baie de Ster Vraz –> Nuit au mouillage de Port Maria
Info : Bonne petite crêperie « L’Equipage » à Locmaria
J3 : Port Maria –> Pique-nique à la grande plage de l’île d’Houat (Treac’h er Goured) –> Port de La Trinité-sur-Mer

Photos : André et Alexia

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Une visite au petit frère du Mont-Blanc

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Le 7 et 8 juillet 2018
Son nom se perd sur une carte parmi courbes bleutées et lignes entrecoupées que sont glacier et montagnes rocheuses. Il s’appelle le Mont Maudit, voisin de son grand frère le Mont Blanc, il est le point culminant de l’arête Kuffner à 4 465 m d’altitude. L’arête Kuffner est pour moi l’une des plus belles courses d’altitude en neige et mixte du massif de Chamonix. En parfaites conditions en ces jours de beau temps, l’action a pris le pas sur l’envie et nous sommes allés à la découverte de cet itinéraire qui nous était jusque là méconnu.

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Après un repérage de la voie à travers les jumelles depuis la plateforme du Skyway la veille, c’est assez sereins que nous sommes partis au petit matin avec Vincent. Nous ne sommes pas seuls, les loupiotes des frontales scintillent dans tout le bassin glaciaire. Une bonne dizaine de cordées ont fait le même choix que nous et attendent leur tour pour gravir le couloir de neige et rejoindre l’arête. L’aube s’éveille, les premières lueurs du jour éclairent les différents passages de neige et de rocher et nous offrent un splendide spectacle de couleurs. Les rayons du soleil contrastent avec l’ombre des aiguilles du diable et les sommets plus lointains. La vue est imprenable, un bien beau spectacle  qui nous a accompagné jusqu’au sommet avant une longue redescente jusqu’à Torino.

On m’avait déjà beaucoup parlé de ce bel itinéraire et bien je confirme les dires… L’arête Kuffner, c’est magnifique.

Départ depuis Torino : 2h40
Attaque couloir : 4h00
Sortie arête 8h30
Sommet : 9h45
Col du midi : 12h30
Retour Torino : 15h00

 

 

Taghia, dépaysement garanti

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Vue depuis Taghia

Du 24 avril au 2 mai 2018

Trois bonnes heures d’avion, six heures de voiture sur route de montagne, deux heures de marche, nous y voila, nous sommes enfin arrivés à ​Taghia.

Petit village au maisons de terre, Taghia est entouré de parois orangées qui lui ont valu de devenir, depuis quelques années, le repère de nombres grimpeurs. C’est ainsi, que Chloé, Thomas, Vincent et Alexia, quatre petits lézards grenoblois ce sont retrouvés dans cette contrée lointaine avec pour maître mot de leur séjour, « le dépaysement ». Pas de doute le dépaysement à été garanti !

Nous avons été accueillis chaleureusement par Saïd et toute sa famille. Couscous, Tajine, Pâtes, pain berbère accompagné d’huile d’olive… et bien sûr thé à la mente à volonté nous ont rempli le ventre après nos journées d’escalade.  La météo capricieuse ne nous a pas permis de réaliser beaucoup de voies mais nous avons tout de même pu prendre connaissance du style et de l’ambiance des parois. Les voies sont multiples sur un rocher ultra abrasif, ou les prises pourraient presque être comparées à des rasoirs pointus, gages de prises parfaites, certes quelque peu traumatisantes pour nos doigts mais vraiment atypiques.  Le séjour a été un peu court mais nous avons pu partager de beaux moments avec sans aucun doute l’envie d’y retourner, bien en forme et, si la météo et les bras nous le permettent, grimper sur les parois majestueuses de 500-600 m ! En bref, enchantés et ravis nous reviendrons très probablement… [C’est un peu la même phrase que celle d’avant non ?]

Pour une première à Taghia avec Vincent nous sommes allés dans les voies classiques du coin :
– « Le rêve d’Aicha » secteur Paroi des Sources (6a+)
– « Belles et Berbères » secteur Paroi des Sources (6b+)
– « Haben oder sein » secteur Paroi de la cascade (6b+)
– « A boire, ou j’tue l’chien » sur le Taoujdad (6c)

Les voies sur la Paroi des sources et sur le Taoujdad sont bien à l’ombre le matin et prennent le soleil en milieu-fin d’après midi. Bonnet, gants et Gore-tex sont les bienvenus s’il fait frais, sinon ces secteurs sont parfaits s’il fait chaud. Concernant la « Paroi de la cascade », celle-ci prend le soleil dès le matin. Lors de périodes importantes de pluie, la cascade aidée par le vent arrose légèrement la falaise au niveau des 2-3 premières longueurs. Une Gore-tex est là aussi la bienvenue, même si avec un beau soleil le rocher sèche presque instantanément.

 

Chéri, tu me passe le sel?

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Le 31 mars – 1ier et 2 avril 2018

Sur nos tables ou dans nos cuisines, souvent associé au poivre, on trouve toujours… du Sel ! J’en suis une grande amatrice, parfois même un peu trop. Petite, je mangeais le gros sel comme un bonbon, je vous rassure ça m’a heureusement passé. Et bien aujourd’hui, à la maison, on n’a plus de sel !

A Grenoble, les marais salants ne sont pas la porte à coté. Alors objectif de ces trois prochains jours : remplir la salière sans émettre une goutte de CO2 !!!

Le tandem, j’en suis fan, pipelette que je suis, c’est le moyen de transport idéal en couple et en plus, sur ce grand vélo, Vincent ne peut pas se passer de moi et me distancer de quelques dizaines de mètres comme c’est souvent le cas lorsque chacun est sur son vélo.

Relier Grenoble à la Camargue en Tandem sur la Via Rhôna ? Oui, pourquoi pas, mais la portion jusqu’à Montélimar, c’est du déjà fait et avec un timing assez serré, le refaire sous une météo incertaine, ça ne nous branche pas trop. L’étape numéro 1 jusqu’aux portes de la Camargue se fait donc en TER avec notre joli tandem en guise de gros bagages ! Merci la SNCF !

Arles est en fête, c’est le weekend de la Feria de Pâques. La ville grouille de nombreux afficionados  venus pour l’occasion et impossible de traverser celle-ci sans passer par son centre historique et ses fameuses arènes.

Le temps passe, nous quittons le son des trompettes, les fanfares et la foule pour prendre la direction du sud. Quelques heures plus tard, le paysage s’est transformé, au premier coup de nez je reconnais cette odeur tellement caractéristique, « ça sent la mer » ! L’odeur des vacances, l’odeur du sel ! Le temps d’une pause à regarder flamants roses et autres oiseaux nous découvrons qu’il est possible de voir des montagnes de sel aux Salins de Giraud !

Ni une ni deux, nous partons en direction de ces curieuses montagnes blanches qui pourraient, soit dit en passant, remplir une bonne quantité de salières !!! 🙂 Notre compteur de vitesse s’emballe, 20, 30 et même 40 km/h !!! Derrière nous, un orage se prépare et le vent nous pousse pour arriver telle une fusée sur ce beau point de vue ou la mer est quadrillée de couleurs rouges ou brunes. Pas de doute, nous sommes au bon endroit, c’est l’un des lieux de récolte de notre sel alimentaire.

Pour finir la journée, notre arrivée sur la plage de Beauduc a été plus éprouvante que prévu. Après nos pointes de vitesse, nous avons battu des records de lenteurs. L’orage nous a épargné mais les fortes rafales de mistral se sont défoulées sur nous. Face au vent, nous avons circulé sur des chemins certes assez compacts mais pas très roulants entre nids de poules et zones sableuses. Pas d’autre choix, c’est le seul accès et après tout, c’est l’aventure ! La tente est planté à l’abri du vent sur le seul petit îlot de végétation et on profite d’un repos bien mérité.

Pour notre second jour de tandem, nous avons choisi de rejoindre Aigues-Mortes en faisant une halte aux Saintes-Marie-de-la-Mer. La portion entre Beauduc et le phare de La Gacholle a été ma préférée. Ce n’est pas pour la qualité du revêtement qu’il faut prendre ce chemin mais pour ses paysages sauvages dans une nature paisible où une sensation d’épanouissement et de liberté nous a accompagné toute la matinée. Un vélo de route ne peut emprunter la piste qui longe la mer depuis Beauduc mais avec des bons pneus il n’y a aucun problème. Bordé de dunes de sable, l’itinéraire de la digue à la mer, plus connu et plus fréquenté est lui aussi très beau. Il nous a permis de retrouver progressivement la civilisation en rejoignant les Saintes-Marie-de-la-Mer et sa fameuse église fortifiée puis Aigues-Mortes par quelques kilomètres de route.

Troisième et dernier jour, le train nous attend à Arles et la salière est toujours vide, mais plus pour longtemps. En tandem, comme en vélo, si l’on veut voyager sur plusieurs jours mieux vaut ne pas trop se charger. Cette fois on fera une petite exception en souvenir d’un beau weekend à rallonge sur les plats chemins de Camargue!

Merci mon chéri, mes plats sont maintenant salés à la perfection ! 😉

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Bon plan:

– Avec un abonnement TER Rhône Alpes Auvergne, nous avons bénéficié de 50 % en weekend sur notre trajet en Rhône Alpes (dernière ville : Pierrelatte juste avant Orange).
– Location d’un tandem grâce a Métrovélo Grenoble : 3 €/ jour, imbattable !
– Prévoir un anti-moustique, même à la période de Pâques, les moustiques sont de sortie dès que le vent se calme !

Quelques photos:

Roc du Mulinet en Haut Maurienne

Le 16-17-18 mars 2018

Une expédition en Patagonie, ça se prépare !

À six mois de leur expédition, les membres de l’ENAF se préparent aux rudes conditions qui les attendent et aux techniques de bivouac (trou de neige) lors de leur traversée du Roc du Mulinet (Cima Martello) en Haute Maurienne.
Avec quelques techniques plutôt étonnantes 🤔🛏🥔🧀

 

Un début de saison sur la « Route du rhum ».

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Le 19 novembre 2017

Partir en montagne car on sait que la haut, les paysages y sont magnifiques, car on sait que l’on y est bien, ou encore, car on va emprunter un itinéraire plaisant sur une face rocheuse, recouverte de neige ou de glace. Et bien, aujourd’hui, on a choisi avec Vincent d’aller faire la goulotte « La Route du Rhum ». Non,non, ce n’est pas la fameuse course transatlantique en solitaire dont je vous parle mais bien d’une voie mixte dans le massif de Belledonne. Je vous avoue que dans la neige jusqu’aux genoux voir à mi-cuisses, notre progression pouvait s’apparenter à de la nage sous de petites vagues de spindrifts, mais bien heureusement ce n’était que sur les pentes les plus douces de la face.

Pour une reprise de la saison hivernale, j’avoue qu’en partant dans cette voie, je n’étais pas des plus sereine. Pourtant en soi, au regard des cotations sur les topos, cette course est de mon niveau. J’étais focalisée sur les risques que j’avais l’impression de prendre en partant dans la voie, sans pouvoir m’en déconnecter. En montagne les peurs irrationnelles peuvent aussi être dangereuses, elles sont souvent présentes en sourdine, mais il faut parfois savoir les mettre un peu de coté afin de rester lucide et en sécurité.

Progresser sur la glace, j’aime ça, mais lors de cette « sortie » c’était plus du dry dans les fissures, du plantage de piolets dans des touffes d’herbes gelés et de temps en temps des passages en neige un peu plus consistante. En gros, un itinéraire assez déroutant sans glace et avec beaucoup de passage en rocher (rocher dont je me méfie car celui-ci peut être malgré tout instable en Belledonne…). Nous progressons dans la voie, les longueurs de grimpe ne sont pas des plus faciles, la neige cache les éventuelles réglettes, les fissures pour nos piolets et crampons ainsi que pour les friends du leader. Vincent, combatif, passe la longueur clef avec un ressaut rocheux assez teigneux. Une cordelette en place à ce niveau nous rappelle qu’avant nous certains n’ont pas eux la chance de poursuivre la voie. Plus lents à cause des conditions de difficultés plus marquées (manque de glace), nous arriverons de nuit au sommet avant d’entamer les 4 rappels dans le couloir de descente et de rejoindre le refuge de Combe Madame.

En bref, une bonne journée avec des automatismes retrouvés, une confiance en soit progressivement regagnée et toujours beaucoup de plaisir à avoir été dans ces pentes verticales en bonne compagnie. Merci Vincent

L’ENAF sur le fil des arêtes

Je partage les chouettes vidéos qui ont été faites par Gaël suite à notre stage « courses d’arêtes » avec l’ENAF*. Un beau stage résumé en quelques belles vidéos. Merci à nos deux Guides Gaël et Antoine pour ses images et le montage.

 
« Après avoir hésité entre la Suisse et le Viso, c’est finalement en Oisans, le pays du soleil et des voies sauvages que nous avons atterri. Des belles bambées sauvages, du rocher très beau (à défaut d’être très solide) et manips de corde à foison… Bref un stage complet avec la bonne humeur en fil conducteur. Vivement la suite ! »

Assurage en mouvement sur l’arête Est du Pic Gény :

Arête Ouest / Sud Ouest du Pic Nord des Cavales :

Roche de la Muzelle : Traversée Arête Ouest – Arête Sud

Une belle voie de granit « Action Direct » au pic Nord des Cavales pour Maud, Johanna et Florence.

*ENAF : Équipe Nationale Féminine d’Alpinisme

Dans les pas de Cassin – Piz Badile

Le 11- 12 – 13 juillet 2017

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Nous arrivons par le coté Suisse et découvrons le sommet du Piz Badile qui se cache entre nuages de fin de journée et rayons de soleil couchant. Fort impressionnant, le sommet est découpé de bas en haut par son arête nord effilée qui divise les deux versants nord-est et nord-ouest, constitués de dalles verticales et lisses. C’est dans ces fameuses dalles que Vincent et moi allons nous « promener » sur les traces de Ricardo Cassin qui, 80 années auparavant, ouvrait la première voie en versant nord-est.

Le sac plutôt léger nous partons aux premières lueurs du jour depuis la cabane Sasc-Furä, après le réveil groupé de 4h qui sonne l’heure de départ de tous les aventuriers de la face nord-est. Trois cordées devant nous s’engagent dans la voie Cassin. Les rayons du soleil arrivés vers les 6h réchauffent déjà le rocher des premières longueurs. Un granite particulièrement bon que nous parcourons au plus facile pour rejoindre la vire médiane suivie d’une longueur un peu plus physique en 6a. Une erreur d’itinéraire de la cordée de tête puis la frayeur du leader de la cordée suivante nous obligeront à patienter un long moment avant de repartir en direction des fameuses longueurs en « cheminée malcommode ». Les grognements du leader de la cordée devant nous ne me rassurent pas vraiment, d’autant plus que l’un des topos indique une cotation assez variable suivant l’aisance, entre 4a et 6a ! Étroite et en forme de V, comme le dit le topo, il faut se mettre dans la peau des anciens, le dos d’un coté et les pieds de l’autre avec de temps en temps quelques coincements de main, de genoux ou de pieds. Vincent poursuit la longueur suivante avec ses chaussures d’alpi, au relais il me vante le bonheur de retrouver le confort de celles-ci par rapport à la douleur des chaussons que j’ai au pieds… Hem, sauf que environ deux mètres plus tard, toujours dans cette cheminée humide, ou un petit tas de neige récalcitrant nous sépare, la super chaussure droite de Vincent a eu l’excellente idée de se coincer un peu trop bien dans une fissure qui fait pile sa largeur ! Résultat : impossible de sortir le pied et obligé de la quitter… Et voila une demi heure de plus de perdue à essayer de se battre pour la déloger de son emplacement trop bon… En chaussette dans la cheminée mouillée Vincent moufle à l’aide d’une sangle la pauvre Trango Guide sur un vieux piton 3m au dessus, …digne de vidéo-gag ! Une fois la mésaventure terminé, nous sortons tranquillement sur l’arête N et arrivons au bivouac Redaelli pour une bonne nuit de repos. Confort sommaire mais bien suffisant à 3300m pour profiter du lever de soleil splendide le lendemain.

Après une descente efficace en faisant le maximum de désescalade ponctuée par 4/5 rappels obligatoires, nous savourons rapidement le fameux Panettone en guise de petit-déj’ au refuge Gianetti, et oui, nous sommes en Italie! Le chemin du retour n’est pas terminé pour retrouver notre voiture. Il nous faudra en effet monter au col Porcellizzo, (névé évitable en escalade dans le rocher à droite) puis redescendre dans un vallon sauvage et gravir un autre col (Trubiscana) avec passage sur chaines avant une longue descente jusqu’à la cabane Sasc Furä et enfin la vallée. C’est du coup en 900 m de dénivelé positif et 2 800 m de descente que l’on rentre de cette belle voie jusqu’au parking. Un retour en 10h sans trop traîner dans un terrain très alpin ou l’on ne voit pas bien comment on pourrait aller plus vite dans ces conditions (70% de très gros pierrier raide, 20% de crapahutage sur rocher ou sur chaînes et 10% de névés biens durs à descendre).

En résumé 2 journées bien intenses : la première en rocher superbe avec un itinéraire assez évident et la seconde bien casse pattes dans des vallons très sauvages. A faire avec un peu moins de monde devant si l’on ne souhaite pas profiter de la beauté d’une nuit la haut (mais ce serait dommage !)


J1
Approche cabane Sasc Fura : 1h45
J2
Départ cabane Sasc Fura : 4h30
Attaque du dièdre Rébuffat : 7h00
Arrivée à la vire médiane : 10h30
…Tic tac, on patiente…
Départ vire médiane : 12h00
…Mésaventure de chaussure…
Sortie sur l’arête N : 17h00
Sommet : 18h00
J3
Départ bivouac : 6h45
Refuge Gianetti : 9h30
Passo Porcelizzo : 11h00
Cabane Sasc Fura : 16h00
Parking Laret : 17h30

Photographie : Vincent LEFEBVRE et Alexia

Grépon – Mer de glace

Le 17 – 18 et 19 juin 2017

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Le Tarn, le Verdon, Annot, Presles… et de façon plus générale les falaises du Vercors et autres…autant de sites d’escalade forts sympatriques, totalement magiques, auxquels j’ai rendu visite tout le printemps, mais la, montagne et ses sommets me manquaient, du coup retour en altitude.

Pour une reprise en douceur nous avons choisi avec Vincent de partir pour une voie qui nous fait envie depuis longtemps : « Grépon – Mer de Glace ». Plus jeune, j’avais un jour vu le film de Catherine Destivelle « Au delà des Cimes » ou elle bivouaque au sommet avec son compagnon de cordée. Depuis, j’ai toujours eu envie d’y grimper.

Départ 7h après une nuit dans le chaleureux refuge de l’Envers des Aiguilles. Les premiers rayons de soleil illuminent toute la face. Corde tendue, je retrouve les sensations de la grimpe en « grosses », le plaisir de poser ses mains sur le granite et de progresser sur ce caillou magnifique… Je pourrais vous détailler à nouveau l’itinéraire de la voie, mais les topos le feront bien mieux que moi. Ce qu’il faut retenir c’est que la difficulté de cette voie se trouve principalement dans la recherche d’itinéraire, même si, je ne vous le cache pas, les longueurs finales grimpent un peu plus. Quoi qu’il en soit, si l’on se retrouve à faire de l’escalade avec des mouvements extrêmes dignes d’un 6b ou plus dur, cela veut dire que la voie ne passe pas par cet endroit et qu’il vaut mieux rebrousser chemin.

De notre coté, en plus du temps perdu à essayer de déloger un friend tout neuf un peu trop bien coincé, nous avons mis un peu de temps pour trouver le fameux rappel au milieu de la voie. Inévitable pour poursuivre l’ascension, c’est aussi le dernier point d’eau pour faire le plein des bouteilles (plus de névés sur les vires ou zones de bivouac supérieures).

Arrivés au sommet avec le soleil couchant et une lumière de rêve, nuit douce et calme, lever du jour splendide sur le massif, autant de mots qui sont une belle synthèse de notre court séjour à 3482 m d’altitude. Bien sûr, nous ne sommes pas les premiers à tenter l’aventure, nous aurions aussi pu arriver en mobilité douce et nous n’avons pas établi un temps record d’ascension… Mais on a passé un moment unique en montagne, bien heureux de pouvoir « prendre le temps » de vivre tout ça.

Quelques points cotés logistique :

– Super conditions pour la rimaye et la voie.
– Un peu de fourvoyage juste avant le rappel, qu’on n’aura pas trouvé comme beaucoup (rappel de 30m à la place)
– Grosses et corde tendue jusqu’à la terrasse des amis, chaussons sur les 3 longueurs finales pour le leader.
– Dépôt d’une partie du matos à la Brèche (piolets, crampons, bâtons, chaussures).
– Espace de bivouac pour 2 à côté de la Vierge, éventuellement 1 de plus juste à droite de la sortie de la fissure Knubell (dans tous les cas il faut bien tout accrocher !).
– Descente très bien détaillée dans le topo C2C, on a juste loupé les rappels de 2014 sur le rognon des Nantillons (ils se trouvent en contre-bas de la zone de bivouac après désescalade) et on est descendus par une ligne sur son versant Est tout près du glacier.

– Corde utilisé : une corde Beal « Opéra » de 80 m en à double

Photographies : Vincent ❤ et Alexia

L’Islande, on y grimpe…

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Du 18 mars au 28 avril 2017

L’Islande, terre de feu, terre de glace, île mystérieuse qui attire de nombreux voyageurs pour ces curiosités de la nature. On y trouve volcans, champs de lave recouverts de mousse verdoyante ou geysers, mais pas seulement. Cette fois dans mes bagages, c’est piolets, crampons et skis qui viennent compléter l’équipement classique de la baroudeuse. En ligne de mire, la découverte de cascades de glace bleutées, où l’on grimpe sous les encouragements de milliers de mouettes puis les pentes de neige ou l’on peut presque déchausser ses skis une fois que les vagues nous lèchent les pieds.
La première partie de ce voyage a été tournée plutôt vers la pédagogie. Accompagnée par Marion, Flo, Johanna et Maud, les 4 autres filles de l’ENAF et encadrée par 2 guides, Antoine et Gaël, je suis partie une dizaine de jours pour le « stage glace » au programme pour cette 2eme année. Le but de ce stage a été d’améliorer notre technique d’escalade sur glace, mais surtout de nous faire réfléchir afin d’être en alerte sur tous les dangers qui nous entourent dans un milieu non-aseptisé, afin que nos prises de décision soient toujours sécuritaires (pas de topo, pas de relais, pas de BRA*…)

Afin de faire partager en image ce que nous avons vécu Gaël Bouquet des Chaux, guide de l’ENAF a réalisé 4 belles vidéos. De bien bons souvenirs que je vous partage.

 

 

 

B.R.A. : Bulletin des Risques d’Avalanche